DRIIIIIIIIING
J'ouvris les mirettes en ouïssant mon réveil sonner. Je frottais mes paupières et contemplais le décor du paddock d'hôtel qui m'entourait. Je ne me souvenais pas vraiment dans quel lieu j'étais... Ah si ça y est, ça me revient... j'étais à Vienne. Je voyageais tellement que j'en oubliais même où je me trouvais. Je regardais mon portable : 10h. Effectivement il était grand temps que j'émerge puisque le groupe devait donner dans une heure une interview à un journal de rock autrichien. Je sortis de mon pieu et allais me préparer dans la salle de bain. La glace me renvoya l'image d'une jeune fille de 17 ans avec les tifs en bataille, les mirettes bouffies et des traces de drap sur le visage. Je ne pris pas le temps de trop m'attarder sur mon reflet de sublime (hum hum) endormie. Je pris rapidement une douche, m'habillais, me maquillais et je descendis dans la salle du resto pour prendre mon petit déjeuner. Les quatre autres étaient déjà là. Mis à part Gustav qui paraissait en pleine forme et bien réveillé, Bill, Georg et Tom se croyaient encore au fond de leur plumard.
Moi : Salut les jouvenceaux. Bien dormi ?
Gus : ouais et toi ?
Moi : bien bien.
Les trois autres me répondirent par quelques onomatopées incompréhensibles. Je souris, ils étaient comme ça tous les matins. Notre manager, David, vint nous rejoindre pour faire avec nous le point sur le planning de la journée.
David : le bonjour jeunes gens, en pleine forme je suppose ?
Il nous adressa un léger sourire moqueur qui signifiait qu'il connaissait parfaitement la réponse à sa question.
David : bon alors aujourd'hui... aujourd'hui... aujourd'hui vous donnez une interview dans une demi-heure à Rockmusik et après ben vous avez une séance photo jusqu'à 15h et après vous allez vous préparez pour le concert de ce soir. Des questions ?
Tom : euh ouais, il y aura des donzelles en backstage ?
Le manager soupira en entendant la question du jeune guitariste. Cette question qu'il lui avait déjà posé tant de fois.
David : nan pas aujourd'hui. Dépêchez-vous ou vous serez en retard. Karo ?
Moi : hum ?
David : débrouille-toi pour les empêcher de dire trop de conneries.
Moi : ben voyons, c'est toujours à moi de faire gaffe.
David : t'es la seule à être un peu sensée alors le positif je compte sur toi.
Il sortit de la pièce et je pus entamer mon petit-déj. Je regardais les autres qui fixaient leur bol d'un air absent.
Moi : ouhou allo la terre ici la lune, vous êtes avec moi ?
Georg : hum.
Moi*moqueuse* : je zieute ça. Est-ce-que quelqu'un sait où on est demain ?
Gus : à Milan.
Ô joie et débordement de !!!! J'adorais Milan, lieu rêvé pour faire les magasins, d'ailleurs Bill était d'accord avec moi sur ce dernier point. Voyant que les garçons n'étaient pas près à faire la conversation je replongeais le nez dans ma tasse de café et avalais rapidement mes tartines. Je remontais ensuite quelques minutes dans ma chambre pour finir de me préparer (retouche de trompe-couillon) puis descendis dans la salle que le staff avait réservé pour qu'on donne, dans notre grande mansuétude, notre interview. Le journaliste n'était pas encore arrivé. On en profita pour s'installer confortablement dans le canapé. Visiblement les garçons s'étaient un peu réveillés car Bill et Tom commencèrent à se chamailler pour des queues de cerise.
Tom : putain mais Bill t'es franchement chiant, pourquoi tu lui as dit ça ?
Bill : parce que c'est la vérité, c'était une one-night oui ou non ?
Tom : le positif.
Bill : bah alors j'ai bien fait de lui dire puisque TEZIGUE ne l'as pas fait.
Ça y est... ils parlaient encore des sales manies de Tom. Une en particulier était de coucher avec une jouvencelle différente quasiment tous les soirs. Je m'en battait l'½il avec une patte de zébu parce que je connaissais Tom depuis longtemps et que ça ne me choquait plus. Son jumeau en revanche ne s'était pas encore adapté à son style de vie.
Le journaliste entra coupant court à la conversation et c'était tant mieux puisque j'avais l'impression que Tom allait répliquer vertement à son frère.
Journaliste : bonjour mademoiselle, messieurs.
Il s'approcha de nous pour nous serrer la paluche puis s'installa sur le fauteuil qui faisait face au canapé et commença ses questions toutes aussi peu originales les unes que les autres.
Journaliste : bon tout d'abord pourquoi avez-vous décidé de baptiser votre groupe Tokio Hotel ?
Classique, c'était la question qu'on nous avait le plus posé depuis nos débuts et ce fut Georg qui se chargea de répondre. Cette question nous faisait tellement chier qu'on s'était mis d'accord pour y répondre chacun à notre tour et aujourd'hui c'était à Georg de s'y coller. La prochaine fois ce serait moi.
Journaliste : pourriez-vous nous parler un peu de votre actualité ?
« Nous » ? Il parle de lui au pluriel ? En voilà un qui ne se prend pas pour de la merde. Je transformais doucement un début de fou rire de hyène en quinte de toux. Les interviews étaient si chiantes pour la plupart qu'on essayait par tous les moyens de trouver à se divertir. Tom, par exemple, pour s'amuser racontait tous les détails de sa vie sexuelle à qui voulait bien l'ouïr.
Bill : eh bien pour l'instant on a encore deux mois de tournée. On va aller en France et on va faire trois concerts aux States. Après on va prendre des vacances bien méritées et encore après bah je sais pas.
Journaliste : d'accord... Vous avez des idées d'album ?
Tom : on a bien quelques idées en tête mais rien de vraiment concret pour l'instant.
Journaliste : vous êtes célibataires ?
Moi : le positif.
Les quatre autres répondirent aussi à l'affirmative même si en ce qui concernait Gustav et Bill ça n'était pas vrai. Tous deux étaient casés. Je vis un petit sourire poindre sur le visage de Tom et compris qu'il s'apprêtait à développer cet épineux sujet. Je lui intimais silencieusement l'ordre de se la fermer mais le guitariste n'étant pas réceptif à la transmission de pensées il commença à évoquer son effervescente activité nocturne.
Tom : oui on est célibataire mais moi ça ne m'empêche pas contrairement aux autres membres du groupe d'avoir une vie sexuelle trépidante.
Journaliste : ah ?
Tom : je n'ai pas honte d'avouer que je couche avec une fille différente presque tous les soirs. Faut dire que j'étais très précoce à ce niveau puisque j'ai couché avec une fille pour la première fois alors que j'avais 13 piges.
Cette fois je faillis vraiment éclater de rire. Je savais que c'était une anecdote qu'il se plaisait à raconter mais qui était fausse. Il avait eu son premier rapport sexuel à 15 ans c'est-à-dire un an après Bill. Hum hum no comment.
Journaliste : et à votre avis quelle est la raison de votre succès ?
Moi : tout ça c'est grâce à moi et à mon charisme.
Gus : ah ah ah, laisse-moi rire c'est grâce à mézigue et à mézigue seul. Et aussi un peu à mes pectoraux.
Je souris en grande largeur au batteur en sentant que l'interview commençait à partir en cacahouète et rien ne pouvait me faire plus plaisir. Tout plutôt que de subir les questions de M. Rasoir. Malheureusement, ce dernier ne se démonta pas pour autant et continua ses questions barbantes avec un professionalisme désarmant. Je ne quittais pas la pendule des yeux. Plus que 5 minutes... plus que 4... 3... 2 ½... 2... 1 et enfin Saki entra pour annoncer que l'interview était fini. Je poussais un soupir assez peu discret qui m'attira le regard un peu outré du journaliste mais je ne m'en formalisais pas plus que ça.
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Bonjour bonjour!!!
Alors ce premier chapitre? Impressions bonnes ou mauvaises (mais surtout bonnes)